Bonne nouvelle pour la crypto, du moins sur le front de l’inflation. Le PPI américain est resté inchangé en juillet, contre +0,2 % attendu, tandis que sa hausse annuelle ralentit à 4,7 % contre 4,9 % anticipé. La pression sur la Fed retombe un peu. Tom Barkin refuse pourtant d’enterrer une nouvelle hausse des taux.
La crypto reçoit un chiffre plutôt favorable
Ces données prolongent la détente déjà observée avec le CPI américain publié mercredi. Le Bureau of Labor Statistics vient de publier un PPI mensuel à 0,0 % en juillet. Les économistes tablaient sur +0,2 %. Sur douze mois, l’inflation à la production ralentit à 4,7 %, sous le consensus de 4,9 % et nettement sous les 5,5 % de juin.
Le PPI sous-jacent suivi par les marchés progresse de 0,2 % sur un mois, contre +0,3 % attendu, et de 4,2 % sur un an, exactement conforme aux prévisions.
Pour Bitcoin et la crypto, l’équation est assez directe : moins de pression inflationniste réduit la nécessité pour la Fed de remonter rapidement ses taux.
Les détails du rapport apportent également du relief. Les prix des biens ont reculé de 0,7 %, notamment grâce à une baisse de 3,1 % de l’énergie. L’essence a chuté de 5,7 %. Les services ont augmenté de 0,2 %.
Pas encore 2 %. Mais la direction est meilleure.
Barkin refuse pourtant d’enterrer les hausses de taux
Quelques minutes après la publication du PPI, Tom Barkin a calmé l’enthousiasme.
Selon les propos du président de la Fed de Richmond relayés sur X, la question de savoir si les taux doivent encore augmenter pour ramener durablement l’inflation vers 2 % reste ouverte.
Barkin voit plusieurs forces susceptibles de calmer les prix : ralentissement des salaires, dissipation progressive de l’impact des droits de douane et recul éventuel du choc pétrolier. Il reconnaît cependant que certaines pressions inflationnistes peuvent désormais être plus profondément installées dans l’économie.
Son hésitation reflète celle de la Fed.
Plusieurs responsables considèrent que les taux actuels sont déjà suffisamment restrictifs. L’économie américaine, elle, refuse toujours de franchement casser : consommation résistante, investissements des entreprises solides et dépenses massives autour de l’intelligence artificielle.
Barkin souligne même que certaines entreprises utilisent désormais l’IA pour expérimenter des organisations nécessitant moins de salariés.
La Fed doit donc arbitrer entre deux réalités. L’inflation ralentit. L’économie continue de tenir.
Les probabilités d’une hausse reculent
Le marché obligataire avait déjà commencé à revoir ses anticipations après le CPI. Le PPI de jeudi renforce ce mouvement.
Les investisseurs évaluent désormais à environ 65 % la probabilité que la Fed laisse ses taux inchangés en septembre, selon les dernières données de marché rapportées par Reuters. Une semaine plus tôt, la perspective d’une nouvelle hausse était nettement plus présente.
Pour Bitcoin, toujours prisonnier d’une zone comprise entre 61 000 et 65 000 dollars, cette détente macroéconomique arrive au bon moment.
Des taux plus élevés renforcent généralement le dollar et rendent les actifs sans rendement comme Bitcoin moins attractifs face aux obligations. Cette relation apparaît aussi dans la pression exercée par les rendements obligataires sur le rebond de Bitcoin. Une Fed qui peut rester immobile retire une partie de cette pression.
Il ne faut cependant pas transformer un PPI favorable en pivot monétaire.
L’inflation annuelle à la production reste à 4,7 %. Barkin parle encore ouvertement de hausse des taux. Et le prochain chiffre peut facilement rebattre les cartes.
Pour la crypto, la publication de jeudi reste donc positive. Le scénario d’un nouveau resserrement immédiat vient de perdre du poids, pas de disparaître.
En bref
- Le PPI américain reste à 0,0 % en juillet, contre +0,2 % attendu.
- L’inflation à la production ralentit à 4,7 % sur un an, sous les 4,9 % anticipés.
- Tom Barkin estime qu’une nouvelle hausse des taux reste possible si l’inflation ne revient pas vers 2 %.
