OpenAI renforce son offensive auprès des professionnels du marketing. L’entreprise transforme ChatGPT en plateforme publicitaire et élargit Codex au-delà du développement informatique. Cette diversification intervient après le dépôt confidentiel d’un dossier préparant une éventuelle introduction en Bourse.
ChatGPT devient une véritable plateforme publicitaire
Cette extension commerciale s’inscrit dans la même logique que la course mondiale aux infrastructures d’IA, où chaque plateforme cherche de nouveaux relais de croissance.
OpenAI ne présente plus la publicité comme une simple expérience lointaine. Les annonces sont déjà testées auprès des utilisateurs adultes connectés aux offres gratuites et Go. Elles apparaissent séparément des réponses produites par ChatGPT.
L’entreprise a également ouvert une version bêta de son Ads Manager. Les annonceurs peuvent y définir leurs budgets, importer leurs créations, lancer des campagnes et consulter leurs performances. OpenAI propose désormais des achats au coût par impression et au coût par clic.
Le groupe travaille avec plusieurs grands réseaux publicitaires, dont Publicis, WPP, Omnicom et Dentsu. Des partenaires technologiques comme Adobe, Criteo et StackAdapt participent aussi au dispositif. OpenAI construit donc progressivement une infrastructure comparable à celle des grandes plateformes numériques.
La conversation devient un nouvel espace commercial
Elle répond aussi à la tension décrite dans la rivalité technologique entre Washington et Pékin.
L’avantage de ChatGPT repose sur le contexte. Un utilisateur peut demander des conseils, comparer des produits ou préparer un achat dans une même conversation. Pour les annonceurs, ce moment possède une valeur particulière.
OpenAI veut exploiter cette intention sans remettre directement les conversations aux marques. Les entreprises reçoivent des informations agrégées sur les vues, les clics ou les conversions. Elles n’accèdent pas aux messages privés des utilisateurs.
Cette séparation devra rester crédible. Une publicité placée près d’une réponse peut donner l’impression qu’elle influence le contenu. OpenAI affirme donc que les annonces ne modifient pas les réponses et qu’elles restent clairement identifiées comme sponsorisées.
Le modèle rencontre aussi des limites. Les publicités ne doivent pas apparaître autour de sujets sensibles comme la santé, la santé mentale ou la politique. Les comptes identifiés comme appartenant à des mineurs sont également exclus du programme.
Codex vise désormais les équipes marketing
Sur la partie produit, OpenAI présente Codex comme un agent de travail dans le cloud, capable d’exécuter des tâches complexes.
Codex avait été conçu comme un agent destiné aux développeurs. OpenAI l’étend maintenant aux analystes, designers, vendeurs, investisseurs et professionnels du marketing. Environ 20 % de ses utilisateurs ne seraient déjà plus des développeurs.
Un nouveau plugin de production créative permet aux équipes de partir d’un brief pour produire des tableaux de campagne, des variantes de bannières et des images commerciales. Codex peut travailler avec des outils comme Figma, Canva, Shutterstock ou Picsart.
Cette évolution transforme Codex en environnement de production. Il ne sert plus seulement à écrire du code. Il peut organiser les informations, créer des supports, connecter plusieurs applications et automatiser certaines étapes d’une campagne.
OpenAI prépare aussi des plugins spécialisés dans la stratégie marketing. L’objectif consiste à couvrir une plus grande partie du travail, depuis l’analyse des données jusqu’à la création des contenus. Pour les agences, cette promesse peut réduire les délais. Elle peut aussi bouleverser certains métiers d’exécution.
Une diversification stratégique avant la Bourse
Le mouvement rejoint enfin les débats sur l’IA comme infrastructure économique.
OpenAI a déposé confidentiellement un projet de formulaire S-1 auprès de la Securities and Exchange Commission. Cette démarche permet à une entreprise de préparer une introduction en Bourse sans publier immédiatement l’ensemble de ses informations financières.
Cela ne signifie pas qu’une IPO aura lieu prochainement. OpenAI reconnaît qu’elle pourrait rester privée plus longtemps, notamment parce que certaines décisions stratégiques sont plus simples loin de la pression des marchés publics.
Le dépôt lui donne cependant une option. Pour convaincre les investisseurs, OpenAI devra montrer qu’elle peut transformer son immense audience en revenus durables. Les abonnements, les contrats d’entreprise et l’API ne constituent plus ses seuls leviers.
La publicité ouvre un marché supplémentaire. Codex peut aussi renforcer les ventes auprès des entreprises. Ensemble, ces deux activités donnent à OpenAI une histoire financière plus large : une plateforme grand public, un outil de travail et désormais un intermédiaire commercial.
Cette stratégie comporte un risque. ChatGPT repose largement sur la confiance. Une publicité trop intrusive ou une confusion entre recommandation et contenu sponsorisé pourrait fragiliser cette relation.
OpenAI doit donc réussir un équilibre délicat. L’entreprise veut monétiser les décisions prises dans ChatGPT sans transformer chaque conversation en vitrine commerciale. À l’approche d’une possible IPO, cette frontière deviendra aussi importante que la croissance des revenus.
En bref
- OpenAI développe une véritable plateforme publicitaire dans ChatGPT.
- Codex s’étend aux campagnes marketing et à la production créative.
- Le dépôt du S-1 prépare une possible IPO sans calendrier confirmé.
