Le CLARITY Act traverse sa crise politique la plus sérieuse. Plusieurs sénateurs démocrates refusent de soutenir le texte sans règles empêchant Donald Trump, les hauts responsables américains et leurs familles de profiter personnellement du secteur crypto qu’ils contribuent à réglementer.
Le CLARITY Act se heurte aux affaires crypto de Trump
Le CLARITY Act pourrait être bloqué au Sénat en raison des activités crypto de Donald Trump. Le 14 juillet 2026, les sénateurs démocrates Chris Murphy, Jeff Merkley et Chris Van Hollen ont publiquement dénoncé un texte qui ne contient, selon eux, aucune protection suffisante contre les conflits d’intérêts. Ils demandent l’ajout d’une clause éthique avant tout vote définitif.
Leur offensive repose sur les dernières déclarations financières attribuées au président américain. Elizabeth Warren affirme que les entreprises crypto de la famille Trump ont généré plus de 1,4 milliard de dollars durant la première année du mandat actuel. Elle estime que ces revenus représentent la majorité des gains déclarés par Donald Trump sur cette période.
Ces chiffres alimentent une question devenue impossible à contourner. Un président peut-il participer à la définition des règles crypto tout en tirant des revenus importants de tokens, de plateformes ou de projets liés à cette industrie ? Les démocrates parlent de corruption. Donald Trump et ses soutiens rejettent ces accusations et défendent une politique destinée, selon eux, à renforcer la position financière des États-Unis.
Une clause éthique devient la ligne rouge des démocrates
Chris Murphy estime qu’un nouveau cadre réglementaire perdrait sa crédibilité s’il ne limitait pas les intérêts privés des dirigeants politiques. Chris Van Hollen avait déjà proposé un amendement interdisant au président, au vice-président, aux membres du Congrès et à leurs proches de posséder, promouvoir ou soutenir certains émetteurs et services crypto. Cet amendement n’a pas été retenu.
Les opposants ne réclament donc pas seulement une déclaration supplémentaire de patrimoine. Ils souhaitent une séparation plus nette entre le pouvoir réglementaire et les activités commerciales. La mesure viserait aussi les législateurs eux-mêmes, afin d’éviter qu’un élu puisse écrire une loi favorable à une entreprise ou à un actif dont il bénéficie personnellement.
Cette exigence pourrait décider du sort du CLARITY Act. Le texte devra réunir 60 voix pour progresser au Sénat. Les républicains ne disposent pas seuls de ce seuil. Ils ont donc besoin du soutien de plusieurs démocrates, précisément au moment où une partie du parti durcit sa position sur les conflits d’intérêts.
La régulation crypto dépasse désormais la SEC et la CFTC
À l’origine, le CLARITY Act devait surtout résoudre un vieux problème américain. Il cherche à mieux répartir la surveillance des actifs numériques entre la Securities and Exchange Commission et la Commodity Futures Trading Commission. Le texte prévoit également des obligations d’information pour certains projets, des protections contre la fraude et un cadre particulier pour la finance décentralisée.
La Chambre des représentants avait adopté le projet en juillet 2025 par 294 voix contre 134. Le 14 mai 2026, la commission bancaire du Sénat l’a ensuite approuvé par 15 voix contre 9. Cette progression bipartisane donnait l’impression qu’un compromis national sur la crypto devenait enfin possible.
Mais le débat ne porte plus seulement sur la classification d’un token. Il concerne désormais la confiance dans ceux qui écrivent les règles. La crypto promet de rendre les transactions plus transparentes. Ironie du dossier, son principal texte américain pourrait échouer à cause d’un manque de transparence politique perçu.
Un échec repousserait encore la clarté réglementaire
Les défenseurs du CLARITY Act affirment que le texte protégera les investisseurs, clarifiera la compétence des régulateurs et maintiendra les entreprises crypto aux États-Unis. Ils estiment aussi qu’il donnera aux autorités de nouveaux outils contre le blanchiment, le financement illicite et les manipulations de marché.
Les critiques répondent que ces avancées ne compensent pas les lacunes éthiques et les risques liés à la DeFi. Van Hollen affirme également que plusieurs de ses propositions sur le blanchiment, les sanctions et la protection des consommateurs ont été rejetées ou écartées lors de l’examen en commission.
Le CLARITY Act se retrouve donc coincé entre deux urgences. Les États-Unis veulent enfin donner des règles stables au marché crypto. Mais adopter ces règles sans résoudre les soupçons de conflits d’intérêts pourrait affaiblir leur légitimité dès le premier jour. La prochaine bataille ne se jouera pas autour du Bitcoin. Elle se jouera autour de l’éthique du pouvoir.
En bref
- Le CLARITY Act risque de perdre des voix démocrates au Sénat.
- Les opposants exigent des règles contre les conflits d’intérêts crypto.
- Les revenus déclarés de la famille Trump dominent désormais le débat.
